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5 parcours de bâtisseurs afro-descendants à connaître
Aliko Dangote, Oprah Winfrey, Bethlehem Tilahun Alemu, Issa Rae et Strive Masiyiwa n'ont pas commencé au même endroit. Cinq parcours racontés avec des faits vérifiés, sans légendes ajoutées.

Les récits de réussite se déforment vite : un prêt devient une fortune, une phrase devient une citation. Voici cinq parcours racontés avec ce que les sources permettent d'affirmer. Les débuts sont très différents. Aucun n'est un départ de zéro au sens strict.
Aliko Dangote : du négoce à l'industrie
Né le 10 avril 1957 à Kano, au Nigeria, Aliko Dangote étudie la gestion à l'université Al-Azhar du Caire et rentre au pays en 1977. Il se lance dans le négoce de produits de base, surtout de ciment, grâce à un prêt de son oncle. Le montant varie selon les sources, nous ne le donnons pas. Il appartient à une famille de commerçants de Kano : le départ est modeste par rapport à sa fortune actuelle, pas par rapport à son milieu.
Son groupe a ensuite bâti à Lekki, près de Lagos, une raffinerie dont la capacité annoncée est de 650 000 barils par jour sur une seule ligne de traitement. Ce chiffre vient de l'entreprise et de la presse spécialisée. Le fil rouge : passer du commerce de ce que d'autres fabriquent à la fabrication.
Oprah Winfrey : la parole comme métier
Oprah Winfrey naît le 29 janvier 1954 à Kosciusko, dans le Mississippi. À six ans, elle rejoint sa mère à Milwaukee. Adolescente, elle part à Nashville chez son père, qu'elle décrit comme une influence positive. Elle obtient une bourse complète pour la Tennessee State University, puis quitte les études pour la télévision et ne décroche son diplôme qu'en 1986. En 1985, son émission prend le nom de The Oprah Winfrey Show ; en 1986, elle passe en diffusion nationale et devient le talk-show le mieux classé des États-Unis.
En janvier 2007, elle ouvre en Afrique du Sud, à Henley-on-Klip, près de Johannesburg, une école pour filles brillantes issues de milieux défavorisés. Nelson Mandela assiste à l'inauguration. Le coût est annoncé autour de 40 millions de dollars, et 152 élèves sont retenues parmi près de 3 000 candidates. Ce projet s'inscrit dans une promesse faite à Mandela.
Bethlehem Tilahun Alemu : des semelles en pneus recyclés
À Zenabwork, quartier d'Addis-Abeba, Bethlehem Tilahun Alemu lance soleRebels (2004 ou 2005 selon les sources) dans un atelier installé sur le terrain de sa grand-mère, avec cinq ouvriers. L'entreprise s'inspire de la semelle éthiopienne traditionnelle en pneu recyclé (barabasso), ajoute du coton biologique, et se finance seule. Selon l'Organisation internationale du travail, elle verse à ses employés trois à cinq fois le salaire moyen de l'industrie locale. L'entreprise a été certifiée par l'Organisation mondiale du commerce équitable. Un profil universitaire parle de plus de cent salariés et d'une distribution dans plus de trente pays.
Issa Rae : créer avant d'attendre
Diplômée de Stanford en 2007 (études africaines et afro-américaines), Issa Rae lance sur YouTube en 2011 Awkward Black Girl, financée en partie par Kickstarter, et remporte un Shorty Award en 2012. HBO diffuse Insecure à partir de l'automne 2016 : cinq saisons, 44 épisodes. Elle a été nommée deux fois aux Golden Globes pour son rôle (2017 et 2018). L'école et l'initiative personnelle ont travaillé ensemble.
Strive Masiyiwa : un procès pour un permis
En juillet 1993, l'entreprise de Strive Masiyiwa demande une licence pour créer un réseau de téléphonie mobile privé au Zimbabwe. L'opérateur public, qui se dit en situation de monopole légal, refuse. Il gagne devant la Haute Cour en janvier 1994, puis la Cour suprême doit trancher. Selon certains récits, ses contrats sont annulés pendant la bataille. Econet Wireless obtient sa licence à la fin de 1997 ou en 1998 selon les sources, et le service ouvre en juillet 1998.
Il crée ensuite la Higherlife Foundation, qui finance des études. Les chiffres varient fortement selon les présentations : environ 20 000 élèves aidés par an selon un profil britannique, plus de 40 000 orphelins selon des notices biographiques, plus de 400 000 apprenants au total selon la fondation. Faute d'un chiffre unique et vérifiable, retenons l'ordre de grandeur : des dizaines de milliers de bénéficiaires.
Ce qu'ils ont en commun, et ce qui les distingue
Ni un diplôme, ni un prêt, ni un procès ne suffisent à expliquer un parcours. Ce qui revient : un projet précis, un public réel, une obstination qui dure des années. Trois d'entre eux (Dangote, Winfrey, Masiyiwa) ont aussi réinvesti dans des écoles ou des usines. Les départs, eux, diffèrent : une famille de négociants, une télévision locale, un atelier sur le terrain de sa grand-mère, une caméra et YouTube, un tribunal. Voilà pourquoi ces histoires inspirent : elles se ressemblent peu, et chacune laisse une porte ouverte.
Parce qu'on ne peut pas devenir ce que l'on ne voit jamais.
SourcesFaits vérifiés · 21 références
- Encyclopædia Britannica, Aliko Dangote ; The Guardian Nigeria, Aliko Dangote: Africa's billionaire at 69 ; BlackPast, Aliko Dangote (1957-) ; Inspenet, Nigeria inaugurates Africa's largest oil refinery
- Encyclopædia Britannica, Oprah Winfrey ; Wikipedia, Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls ; NPR, reportage sur l'ouverture de l'école (2007) ; China Daily, Oprah Winfrey opens school for girls in South Africa
- OIT, « I always wanted to produce locally and sell globally » ; OIT, Rising to the top of the footwear industry through decent work ; OMPI, Treading a new path for IP and development in Africa
- Stanford Daily, Stanford alum Issa Rae shines in Insecure ; Golden Globes, Issa Rae ; Gold Derby, Issa Rae et Insecure ; Rolling Stone, Why Insecure is not made for dudes or white people
- Nehanda Radio, Billionaire Strive Masiyiwa recalls 1993 rejection ; Insiderzim, Resisting political corruption: the story of Econet Wireless ; WeeTracker, Strive Masiyiwa
- Wikipedia, Higherlife Foundation ; Points of Light, Higherlife Foundation ; Ashinaga, Strive Masiyiwa


